samedi 31 janvier 2015

Personal (Interactor) Agent by Microsoft

Il aura donc fallu attendre 5 ans pour que le précurseur Microsoft aborde de front la question du personal Agent que nous avions commencé à spécifier dans notre post de 2010.

La patience de Bill Gates qui n'a fait que très rarement allusion à l'Intelligence Artificielle dans sa carrière, lui a permis d'attendre que ses concurrents Apple, Google, Facebook et IBM disposent d'offres suffisamment élaborées en matière d'IA et d'assistants personnels pour présenter sa vision et sa réponse aux attentes sur le marché des assistants personnels intelligents.

Rien de mystérieux donc dans ce Personal Agent capable d'assister l'utilisateur dans toutes ses interactions avec le "Cloud", dans toutes les modalités d'interface et en le soulageant de l'effort de recherche des informations et surtout des applications.

Tous les témoins sont au vert en effet, IBM Watson dispose d'une  culture générale acquise au cours de la lecture de 700 000 livres, Google Search possède le savoir encyclopédique de toute l'humanité, Apple Siri et Google Now disposent de modules de reconnaissance du langage capables de fonctionner dans presque toutes les langues parlées, Microsoft Skype fait même de la traduction temps réel.

Cependant, Bill Gates prend à contre-pied son concurrent Ray Kurtzweil, messie du transhumanisme et père de la Singularity University,  en partageant le monde en deux :  ceux qui espèrent et attendent la Singularité" et ceux qui la redoutent et veulent l'éviter. Il affirme qu'il fait partie de ces derniers et craint l’avènement d'une Intelligence Artificielle qui nous reléguerait au rang d' ersatz biologiques.

Si l'effet de la "fracture numérique" a déjà agrandi les inégalités entre les humains en capacité d'utiliser l'informatique et les laissés pour compte des technologies numériques, on peut tout à fait redouter qu'effectivement, l'effet exponentiel de la loi de Moore ne transforme la fracture en gouffre béant lorsque l'Intelligence Artificielle apportera son soutien indéfectible à ses seuls utilisateurs.

Sur ce point aussi, nous manquons de vigilance et la fuite massive de nos cerveaux vers les sociétés US, les rachats de nos pépites dans le domaine de l'IA (ILOG aquis par IBM en 2007), Yann le Cun recruté par Facebook en 2013, dessinent un monde ou la France n'est pas du bon coté de la faille.  Une entaille de plus dans notre souveraineté.