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mardi 26 avril 2011
Vidéosurveillance utile
La commission nationale de vidéoprotection fait un excellent travail de communication et de financement.
Son travail de conseil, joint aux efforts notables des référents sûreté de Gendarmerie apporte un soutien remarquable aux collectivités qui peuvent presque se passer des experts conseil privés pour leur maîtrise d'ouvrage...
Les subventions du FIPD sont judicieusement distribuées pour contribuer à la multiplication des caméras et à la satisfaction des quotas.
Mais cela ne suffit pas à nous doter d'une stratégie nationale de déploiement de la vidéosurveillance sur le territoire qui est pourtant indispensable si l'on veut maîtriser notre parc et en garantir l'utilité, la conformité légale et surtout le fonctionnement.
En effet, une chose est d'installer, une autre est d'exploiter, une autre encore de maintenir.
L’informatisation massive des systèmes de vidéosurveillance et l’utilisation des réseaux informatiques dans le transport de la vidéo transforme les systèmes de sécurité électronique en systèmes informatiques.
Plus de 1400 systèmes de vidéoprotection urbaine sont actuellement déployés sur le territoire national en l’absence de toute interconnexion et en l'absence d'un schéma directeur technique.
Cette disparité extrême rend difficile la participation de la vidéoprotection au développement d’une stratégie globale de prévention situationnelle. Le manque d’homogénéité des systèmes de déport vidéo des collectivités dotées de Centres de Surveillance Urbaine (CSU ) vers les groupements de Gendarmerie ou les postes de Police nationale entrave l’efficacité de la coopération avec les forces de l’ordre.
Les coûts d’installation et de maintenance des équipements et des ressources humaines affectées à l’exploitation du système empêchent la majorité des communes d’accéder à la vidéoprotection. L’élan impulsé depuis 2007 a certes conduit à une multiplication des systèmes de vidéoprotection en France, mais, sans coordination centralisée au plan technique, les collectivités sont démunies face aux problèmes de
1) Mise en place d’un CSU, économiquement souvent hors de portée
2) Choix des solutions techniques adaptées pour le système de vidéoprotection, sa supervision et sa maintenance
3) Déport vidéo éventuel vers la Gendarmerie ou la Police Nationale.
(Elles bénéficie néanmoins des conseils et financements initiaux de la Commission mais celle-ci est sous-dimensionnée et n'entretient aucun lien avec les sociétés de conseil privées qui pourraient lui suppléer)
En l’occurrence, une commune qui ne peut assumer la création d’un CSU pour assurer le visionnage de ses caméras ne peut solliciter un deport vers les forces de l’ordre pour compléter sa supervision. Elle est donc doublement pénalisée.
Pour toute ces raisons, il faut repenser le déploiement de la vidéoprotection en France, centraliser son administration technique, ne pas laisser à des collectivités qui ont mille autres préoccupations la responsabilité de construire et maintenir un outil qui participe de la sûreté intérieure et qui en temps de crise pourrait aussi se révéler un atout pour la défense nationale.
Il serait somme toute bien logique que l'ARCEP aussi s'occupe un peu de vidéoprotection.
jeudi 7 avril 2011
Vidéoprotection : ni enregistrement ni intervention
A l'heure où la grande majorité des collectivités est encore démunie de tout système de vidéoprotection (36000+ communes et -de 1500 communes vidéoprotégées) on pourrait être tenté de répondre qu'un premier niveau de protection est apporté par l'effet anti-impunité de l'enregistrement et que le nec plus ultra est de disposer d'effectifs de supervision capables d'intervenir pour prendre les malfaisants "en flag".
Néanmoins, la réussite du maillage national de vidéoprotection tient à mon sens à deux paramètres qui ne sont absolument pas pris en compte dans la dialectique courante et méritent pourtant qu'on s'y attarde:
1) l'homogénéité de la couverture de vidéoprotection doit être un objectif majeur, non seulement pour que tout le monde soit protégé de la même façon mais en plus pour que le fonctionnement des systèmes soit globalement assuré, sans considération de pouvoir d'achat des petites collectivités par rapport aux grandes agglomérations. Si l'on ne prend pas en compte ce paramètre, l'effet plumeau entrera en action et la délinquance se déplacera dans les zones d'impunité (on connait bien en banlieu parisienne)
2) L'objectif second est l'utilisation de la vidéoprotection pour faire de la prévention situationnelle et non pas seulement pour satisfaire les quotas de caméras dans les lieux publics. La prévention, c'est la logique inverse de l'enregistrement et elle nécessite de considérer que l'outil vidéoprotection est avant tout un outil des pouvoirs publics et un actif de notre sécurité intérieure, au service de la gendarmerie et de la police, au premier chef. Aujourd'hui, ils n'en sont que des utilisateurs occasionnels, en déport, soucieux de ne pas être envahis par une technologie dont le ratio temps consommé/utilité est incertain. Et ils ont raison.
Il faut donc repenser notre politique de déploiement de la vidéosurveillance pour qu'elle retrouve sa place en tant qu'outil de prévention au service de la sécurité intérieure, cela veut dire réfléchir en "top-down", au plan systémique de notre schéma directeur de déploiement national vers les collectivités, en favorisant le développement d'une infrastructure de communication et de supervision qui mette l'ensemble du territoire sur un plan d'égalité par rapport à la technologie.
Les technologies IP et IPV6, les capacités de stockage et de traitement le permettent, il faut maintenant le vouloir.
vendredi 10 septembre 2010
LOOPSI 2: Telle est la LOI !
jeudi 9 septembre 2010
Internet Eyes : A new Business Model for co-veillance
It offers ip camera owners who do not fear to be watched, a whole bunch of hungry viewers who are rewarded when they notice anything like a theft, a fraud or delictual activity.
That initiative starts the era of massively multi camera systems as the core of new security business models, extending the principle of neighbourhood co-veillance to large and anonymous redundant and systematic video alert detection. It enables IP cameras to become real security tools.
Nevertheless, this model strikes security industry habits, replacing remote surveillance professional operators with anybody registered as a viewer on the internet Eyes platform.
Interesting to follow up on that and see what's going to come out of it after a while.
As Internet Eyes has setup strict policies to filter out amateurism and abuse from its viewers population, I would not be surprised if it turned rapidly into a highly skilled distributed team adressing one of the hottest issues of the moment : turning cameras into a real crime prevention and reduction tool.
Do you think that model will make it through the market ?
have you spotted other competitive initiatives ?
lundi 12 avril 2010
Vidéosurveillance et Art
Cette vidéo a été montée à partir d'enregistrements de 180 caméras de surveillance d'un centre commercial.
Auteur : David Valentine
vendredi 26 mars 2010
Table ronde de l'IREST le 16 février 2010
[caption id="attachment_234" align="alignright" width="400" caption="croissance du parc de caméras en France 2010 - 2015"]
Présentation en trois volets sur la vidéosurveillance en France
effectuée à l'occasion de la table ronde de l'Institut de Recherches Economiques et Sociales (IREST) sur les Télécommunications sur le thème "Libertés publiques, libertés privées sur Internet: où va la France ?"
Historique
Depuis 1968 et le film de Kubrick, 2001, on a appréhendé les deux faces de la vidéosurveillance.
Bienveillante d'abord dans son rôle protecteur de surveillance, inquisitrice aussi dans sa capacité à attenter à nos libertés individuelles et à notre vie privée par la présence de caméras dans nos espaces de vie.
Les années 70 et 80 ont vu se développer les systèmes de vidéosurveillance en circuit fermé télévisé avec une appétence forte des pays anglosaxons et un développement particulièrement important au Royaume Uni ou l'on compte aujourd'hui plus de 4,5 Millions de caméras.
Basés sur les circuits vidéo fermés, les réseaux de vidéosurveillance Anglais sont nombreux et hétérogènes. Ils représentent une réponse progressive à l'insécurité par accumulation de systèmes hétérogènes, sans possibilité d'interconnexion.
A partir de la fin des années 90, le marché a produit des caméras capables de transmettre leurs images sur les réseaux informatiques (internet), provocant une rupture dans l'échelle et l'usage des systèmes de vidéosurveillance et la convergence de la vidéosurveillance vers l'informatique et les réseaux.
En 2004 le monde de la vidéo grand public et celui de la vidéosurveillance se sont rejoints sur l'utilisation d'une technologie commune de compression vidéo, le MPEG-4, permettant le développement accéléré de la vidéo sur les réseaux pour des usages très diversifiés allant de la vidéosurveillance à la télévision numérique terrestre, passant par les caméscopes et les appareils photos numériques. En 2007 les organismes de normalisation se sont rejoints à leur tour autour d'une version optimisée du MPEG-4 appelé MPEG-4 AVC ou H.264, ouvrant la voie au développement massif de la vidéo sur Internet autour de sites de partage comme Youtube (Google) et consacrant l'informatisation de la vidéo et partant, de la vidéosurveillance.
Le parc de vidéosurveillance français
En franque la vidéosurveillance se développe dans le cadre législatif de la LOPS du 21 janvier 95 dite loi Pasqua, complétée en mars 2004 et janvier 2006. Dés le départ, le législateur met en balance le développement des implantations de caméras avec le potentiel d'atteinte aux libertés individuelles qu'il représente. L'installation de caméras sur la voie publique et dans des lieux recevant du public est soumise à autorisation préfectorale. Une déclaration à la CNIL est rendue indispensable dés lors qu'il y a enregistrement d'images par une personne morale privée. La conservation des enregistrements est limité à 30 jours.
Tous les ans, les services préfectoraux transmettent à la CNIL la liste des demandes d'autorisation.
Le système de demande d'agrément n'a pas été systématiquement respecté puisque l'on compte aujourd'hui près de 400 000 caméras déclarées et l'on estime le parc français à près de 1,5 Millions de caméras. Les raisons en sont les interprétations variables du rôle de la CNIL et certaines lenteurs administratives qui ont pu survenir et favoriser le développement de systèmes hors du cadre légal établi.
La vidéosurveillance des transports publics et des établissements publics représente 75 000 caméras et la surveillance de la voie publique plus de 20 000 caméras sur plus de 1600 communes.
Le sentiment des Français au sujet de la présence des caméras a évolué. Un sondage IPSOS/CNIL de 2008 montre que sur un échantillon de 1000 personnes majeures, plus de 70% se disent favorables à la présence de caméras si cela peut contribuer à leur sécurité sans attenter à leur vie privée.
Le constat par le gouvernement de l'insuffisance du développement de la vidéosurveillance et de l'implantation parfois aléatoire des caméras par les collectivités a conduit dés 2007 à la création de la commission nationale de vidéosurveillance présidée par M. Philippe Melchior.
Sous l'impulsion de Mme Michèle Alliot-Marie alors Ministre de l'Intérieur, il a été fixé comme objectif de tripler le parc de caméras sur la voie publique, prévoyant d'ici à 2015 près de 60 000 caméras pour assurer la vidéoprotection des collectivités locales.
L'évolution prévisible
La LOPSI 2 votée aujourd'hui 16 février 2010 a pris en compte les insuffisances constatées dans la LOPS de janvier 95 sur trois points :
La nécessité de mutualiser les fonctions de surveillance humaine
La nécessité de rendre les systèmes interopérables
La nécessité de contrôler l'usage fait des systèmes de vidéoprotection
La LOPSI 2 a prévu l'extension des systèmes de vidéosurveillance des personnes morales privées depuis les abords immédiats des bâtiments où étaient confinées les caméras, vers des positions permettant de surveiller les points particulièrement exposés (Guichets automatiques,etc.)
Par extension la LOPSI 2 prévoit aussi que les collectivités et les personnes morales privées peuvent s'autoriser mutuellement à visionner certaines caméras.
Par ailleurs, le rattachement de la Gendarmerie Nationale au Ministère de l'Intérieur et les réaffectations d'effectifs ne permettent pas d'envisager que la consultation en direct des caméras de plus en plus nombreuses puisse être entièrement confié aux représentants de la force publique. La LOPSI 2 prévoit à ce titre la possibilité de faire appel à des sociétés privées pour la consultation en direct des caméras. Elle prévoit en outre que les centres de surveillance urbains permettent une gestion mutualisée de différents sites publics équipés de caméras outre la voie publique tels que hôpital, habitats sociaux, bâtiments scolaires,etc.)
En corollaires, la LOPSI 2 prévoit de faciliter l'accès aux enregistrement, exclusivement pour la Police et la Gendarmerie, elle insiste sur le contrôle de l'implantation par la CNIL et le contrôle des usages et prévoit le renforcement des pouvoirs du préfet pour sanctionner les installations illégales.
Les conséquences de l'application de la LOPSI 2 incluent l'augmentation du nombre de caméras, l'augmentation des personnels de surveillance privés, la mutualisation des infrastructures systèmes et réseau à l'échelle des communautés d'agglomération.
On voit déjà se profiler les conséquences positives de ce contexte avec notamment la fourniture de services de vidéosurveillance en mode abonnement par les opérateurs télécoms qui prendront à leur charge le raccordement, l'exploitation et la maintenance des caméras pour les collectivités et les entreprises.
Néanmoins stratégiquement, on ne peut ignorer l'informatisation de la vidéosurveillance et sa dépendance totale des réseaux de communication IP. Ces deux facteurs clés dans l'augmentation rapide du parc de caméras permettent de planifier dés aujourd'hui le développement d'applications et de procédures centralisées qui garantiront la qualité du service dans les années à venir. En particulier, ne pas encadrer le développement du parc de vidéoprotection par une charte technique nationale dés aujourd'hui, incluant nommage, référencement, supervision et contrôle d'accès nous conduirait à 5 ans d'ici à une situation d'inefficacité analogue à celle du Royaume Uni.
A l'inverse, la centralisation de la supervision ouvre la voie à des applications de corrélation d'informations qui permettront d'anticiper les situations de crise face à une délinquance mobile et un terrorisme international.
cf. Rapport INHES juillet 2008 « La vidéoprotection »
lundi 23 novembre 2009
The right for video surveillance
As a matter of fact, we discover by twisting the argument the other way that, videosurveillance may also be considered as a service, yet another extension of the police protection for citizens of safe countries.
Why should only VIPs and wealthy people be able to benefit from a bodyguards ?
Why shouldn't everybody be safe while walking downtown or in subway corridors ?
How about the right for security ?
Among things that slowed down the understanding that video surveillance is nothing but a new tool for ensuring people safety, the usages have been dictated by law and initial restrictions which came from technical limitations have been used as guidelines for establishing rules of dissemination. The validation process for authorizing a system to be deployed, and used, the fear for totalitarism which is a fairy tale in our democratic system, have rendered useless and weak the majority of today's urban videosurveillance systems in the country. Very few systems have been built with the idea that video surveillance is an ubiquity power for enforcing law.
There we go and focus on the most compelling reason for installing video surveillance systems in as many places as possible : as police or accredited officers have the mean for witnessing facts in real time, the criminals should be aprehended more quickly and with more efficiency. The realtime evidence, the "flagrand délit" is the idea that should substain any video surveillance system. We are glued in systems that are sold and operate mainly for providing after-acts testimonials, inherently slows and out of range for countering the growth of urban crime and terrorism.
As the difference between civilized countries and lands of terror and mob rules, the ability for a nation to protect and secure its citizens and infrastructures, its economy, its future, will not be achieved by infiltering in a stazy like fashion, one spy for every 60 people in the country.
It will probably be usefull that records of video be maintained in vast video warehouses so that post-event analysis can be conducted and lead to the conviction of criminals.
But it will be far more profitable for everybody that a true new generation of security service be made available to all of us, ensuring that police can operate effectively in as many places as possible, with real-time evidence, either localy or remotely.
By thinking about the video surveillance in the light of new technologies and networks, we have been detaching the three key concepts which will be the ground for tomorrow's videosurveillance systems :
There is a right for video surveillance
Video surveillance extends the real-time evidence for security authorities
Video surveillance as a Service must be deployed on a very large scale
These three concepts form the core of massively multi camera systems that will enable large scale video surveillance systems to be created and operated for the sake of security and economy.
Massively multi camera systems will be deployed nationaly and will have built-in interoperability. They will be operated by special task forces, both sedentary and on the field. They will contribute to identify, analyze and react to criminal and terrorist threats. In 50 years from now, people will hardly understand why intrusion alarm and video security have long been the privilege of to few people and places and how so many risks have been left unattended.
mardi 19 mai 2009
Transports collectifs individualisés
La centralisation des transports urbains a conduit sur un siècle à développer des environnements artificiels et anxiogènes au sein des villes. Les réseaux de transports publics sont des lieux de promiscuité forcée, mais de véritables passages obligés pour se déplacer sans subir les attentes de la circulation.
Par opposition, l'utilisation de la voiture, moyen individuel de transport permet d'échapper à la rencontre indésirée avec la foule en s'isolant mais atteint les limites de sa viabilité par le nombre d'individualités en circulation et la pollution qu'elle génère.
De nouvelles solutions, basées sur la technologie informatique et les systèmes de radio navigation pourraient constituer une alternative valable ces deux solutions, pour la circulation urbaine.
On imagine facilement l'utilisation d'une flotte exclusive de véhicules individuels ou familliaux géolocalisés et guidés par une informatique centrale. Ces véhicules seraient à la disposition du public pour les amener automatiquement d'un point à un autre de la ville.
L'utilisation d'un système de transports publics massivement distribué mais organisé par une intelligence centrale a de nombreux avantages :
- Minimisation des attentes et des temps de transport.
- Déplacements "porte à porte"
- Optimisation de la circulation
- Sécurité
- Qualité du transport
En contrepartie, les habitants de la ville devraient renoncer à utiliser leurs véhicules personnels qui pourraient être laissés dans de vastes parkings périphériques à la ville.
La difficulté principale réside dans la mixité des espaces de mouvement o๠se croisent les piétons et les véhicules et dans la prévention des collisions entre véhicules. Cette difficulté peut être résolue par le recours à des radars et à la vision artificielle en complément de systèmes de guidage au sol. Quelque soit la solution retenue, elle sera plus fiable que le libre arbitre des conducteurs irrespectueux des piétons, avec ou sans mauvaise volonté.
L'utilisation des véhicules collectifs individualisés est la solution ultime à l'automatisation du trafic dans les grandes zones urbaines. Elle ne remet pas en question la création d'une gamme de confort et de services professionnels. On en trouve un exemple dans le film futuriste "Total recall".
Il semble que le "mème" (cf. Daniel Denett) continue à se propager car un jeune designer vient de concevoir une version de ces véhicules futuristes qui parsèmeront bientôt les rues de nos mégapoles.
mercredi 9 juillet 2008
Art et vidéosurveillance
vendredi 9 mai 2008
La justice annule l'autorisation de vidéosurveillance à Ploërmel
Un bref résumé de la législation actuelle :
Si les caméras filment des lieux ouverts au public, une autorisation de la préfecture est indispensable.
Si les caméras sont placées dans des lieux privés, une déclaration à la CNIL est nécessaire.
Si il y a enregistrement, quelque soit le lieu d'implantation des caméras, une autorisation de la CNIL est indispensable.
L'annulation d'autorisation de Ploermel montre que ces demandes ne doivent pas être traitées légèrement dans un pays ou la défense de la liberté individuelle s'oppose à l'ultra libéralisation de l'usage des caméras. La finalité du système, comme justification d'un besoin est prépondérante.
Le tribunal administratif de Rennes a annulé jeudi un arrêté préfectoral autorisant le maire de Ploërmel à exploiter un système de vidéosurveillance, installé sur sa commune depuis février 2005.
Dans son jugement, dont l'AFP a obtenu copie, le tribunal relève que le rapport de présentation du système ne contenait "aucune précision sur les risques particuliers de dégradations auxquels seraient soumis les bâtiments concernés par le système de vidéosurveillance, ni aucune donnée relative au nombre et à la nature des actes délictueux commis dans ces lieux ou à proximité".
"Vice de procédure"
Le tribunal a considéré que "le dossier de demande d'autorisation sur lequel (s'était) fondé le préfet du Morbihan pour délivrer à la commune de Ploërmel l'autorisation litigieuse était incomplet" et que, par conséquent l'autorisation préfectorale était entachée "d'un vice de procédure". Avec plusieurs dizaines de caméras de surveillance implantées sur son territoire, Ploërmel, commune de quelque 9.000 habitants, entendait être à la pointe de la prévention contre la délinquance. "Il s'agit de dissuader, d'éviter une dérive qui, une fois engagée, est difficilement contrôlable", avait indiqué à l'AFP en 2006 le maire UMP Paul Anselin, dont l'action a été dénoncée par des élus municipaux d'opposition et par le collectif "Ploërmel sans vidéos".
Source : le mensuel du golfe du Morbihan
jeudi 15 novembre 2007
La commission nationale de vidéosurveillance voit (enfin) le jour
La prise de conscience de l'utilité indiscutable de la vidéosurveillance dans la sûreté urbaine remonte sensiblement à 2004, soit 10 ans après la création à l'initiative de M. Balkany, maire de Levallois Perret, d'un réseau de 96 caméras reliées au poste de police municipale par un réseau cablé analogique.
Pendant ces 10 ans, l'industrie du multimédia est passé de la vidéo analogique à la vidéo numérique. Les réseaux sont devenus informatiques avec un protocole de transport universel : tcp-ip. La compression vidéo MPEG-2 qui a permis le succès du DVD et de la TV satellite a été la première pierre de la vidéosurveillance informatisée moderne. Depuis 2004, la compression numérique de vidéo s'est lentement standardisé avec un format plus adapté à la transmission sur les réseaux informatiques, plus performante, moins gourmande en réseau : le MPEG-4.
Mais la course à l'évolution technologique ne connait pour l'instant pas de limite; comme le prédit la loi de Moore, la densité d'intégration des transistors sur les puces des processeurs et beaucoup de choses qui en dépendent, doublent chaque année. Le MPEG-4 est à peine stabilisé en tant que format que déjà , la résolution évolue vers le Haute Définition, le HD, avec des algorithmes de compression (codecs) plus performants répondant au nom de code H264 ou MPEG-4 AVC.
Devant cette fuite en avant qui caractérise toute l'industrie informatique, les villes ont à leur disposition une offre pléthorique d'équipements pour construire leurs systèmes de vidéosurveillance.
Les principaux volets d'un système sont les caméras, les équipements de compression, le réseau, le système informatique et le logiciel de contrà´le.
Ainsi on a pu voir depuis 2003 de grandes villes s'équiper en systèmes hétéroclites, issus de croisements de solutions de constructeurs de systèmes de vidéosurveillance, de développements à façon de sociétés de service, de réseaux analogiques ou numériques opérés par les collectivités ou leurs mandataires.
Mais dans ce brouhaha effervescent qui se structurait avec difficulté, bien peu déployaient une véritable vision de ce que les réseaux informatiques apportent vraiment à l'activité de vidéosurveillance, la fameuse capacité d'ubiquité qui permet de consulter la vidéo en plusieurs points du réseau simultanément. De nombreux systèmes continuaient à se comporter comme dans le passé analogique : un centre de surveillance unique pour l'ensemble des caméras.
Plus récemment en 2006, on a vu apparaitre dans les appels d'offre une préoccuppation grandissante pour les "standard" MPEG-4 et la diffusion "Multicast", la multiplication des pains qui permet qu'une vidéo soit vue par plusieurs personnes sans augmenter la consommation réseau. On a aussi pris la mesure de l'immense chantier qui reste à terminer pour arriver un jour à ce que la vidéo, comme un email écrit avec outlook et lu sur gmail, puisse être émise par une caméra alpha pour être visionnée par un logiciel oméga.
L'interopérabilité, à la base de la notion fondamentale de système ouvert est le grand chantier de la vidéosurveillance.
Néanmoins, il s'agit d'une problématique technique que le marché résoudra par la force des intérêts et de l'usage, tà´t ou tard.
La difficulté pour les collectivités réside aujourd'hui davantage dans la nécessité de combler le vide des procédures, des protocoles de sécurité, des usages, dres droits d'accès, des coopérations public-privé pour définir les nouveaux usages de la vidéosurveillance urbaine.
Souhaiter que la police ait un accès direct aux caméras des collectivités sous-entend crééer des unités de supervision dédiées missionnées spécialement pour ces tà¢ches.
Ainsi la mission qui se dessine pour la commission nationale de vidéosurveillance tient en trois points :
1) Rédiger un schéma directeur pour la rédaction des appels d'offre basés sur les standards en matière, vidéo, système et réseaux en mettant l'accent sur l'interopérabilité
2) Définir les usages de la vidéosurveillance ubiquitaire et les modalités du partage de l'information
3) Organiser le développement des nouveaux organes de gestion des systèmes interopérables
mardi 10 juillet 2007
La CNIL a son mot à dire dans la vidéosurveillance
Mais gardons à l'esprit que la liberté d'expression n'est pas l'impunité et qu'à défaut de multiplier les agents de police pour interpeller les gamins mal élevés, la vidéosurveillance intervient pour ceux-là comme un garde-fous de substitution. Par chance, elle représente aussi une entrave dans le travail de malfaisance des réseaux organisés.
La vidéosurveillance est un outil au service de notre confort. La CNIL veille à ce que les données personnelles qu'elle véhicule ne soient pas déviées, pas plus que les données bancaires, téléphoniques ou médicales qui existent en quantités bien plus importantes et depuis bien plus longtemps.
Il est important que la vidéosurveillance devienne un service public et puisse être déployée indifféremment du budget municipal, que les réseaux de communication contribuent à donner partout sur le territoire les mêmes outils aux forces de l'ordre pour faire respecter les principes élémentaires de l'éducation civique autant que lutter contre le crime organisé et les nouvelles formes de la guerre.
lundi 8 janvier 2007
Normes techniques des systèmes de vidéosurveillance
Ce document peut également être consulté sur le site officiel Legifrance
Arrêté du 26 septembre 2006 portant définition des normes techniques des systèmes de vidéosurveillance
NOR : INTC0600806A
Le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire,
Vu la loi no 95-73 du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation modifiée relative à la sécurité ;
Vu le décret no 96-926 du 17 octobre 1996 relatif à la vidéosurveillance pris pour l'application de l'article 10 de la loi no 95-73 du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité, modifié par le décret no 2002-814 du 3 mai 2002 pris pour l'application de l'article 21 de la loi no 2000-321 du 12 avril 2000 et relatif aux délais faisant naître une décision implicite de rejet et par le décret no 2006-665 du 7 juin 2006 relatif à la réduction du nombre et à la simplification de la composition de diverses commissions administratives,
Arrête :
Article 1
Les caméras sont réglées, équipées et connectées au système de visualisation et, le cas échéant, au système de stockage, de façon que les images restituées lors de la visualisation en temps réel ou en temps différé permettent de répondre aux finalités pour lesquelles le système de vidéosurveillance a été autorisé.
C'était bien de le dire, les caméras doivent être opérationnelles.
Les caméras présentent les caractéristiques techniques adaptées aux conditions d'illumination du lieu vidéosurveillé.
Les réseaux sur lesquels transitent les flux vidéo offrent une bande passante compatible avec les débits nécessaires à la transmission d'images de qualité suffisante pour répondre aux finalités pour lesquelles le système de vidéosurveillance a été autorisé.
Il fallait aussi le préciser, ici nous prenons pleinement la mesure de l'intégration des réseaux IP dans la vidéosurveillance.
Les réseaux sur lesquels transitent les flux vidéo prennent en compte la sécurité de ces derniers, garantissant leur disponibilité, leur confidentialité et leur intégrité.
Article 2
Le stockage des flux vidéo est réalisé sur support numérique pour les systèmes de vidéosurveillance comportant huit caméras ou plus. Ce stockage peut également être réalisé sur un autre type de support. Le stockage des flux vidéo est réalisé sur support analogique ou numérique pour les systèmes de vidéosurveillance comportant moins de huit caméras.
Ce passage est sensiblement inutile.
Tout flux vidéo enregistré numériquement est stocké avec des informations permettant de déterminer à tout moment de la séquence vidéo sa date, son heure et l'emplacement de la caméra.
A noter que la datation n'est pas forcément explicite, c'est à dire incrustée dans l'image. Elle peut être interne au format informatique de données utilisé pour le stockage des fichiers de vidéo.
Pour les systèmes à enregistrement analogique des flux vidéo, un dispositif permet de déterminer à tout moment la date, l'heure et l'emplacement de la caméra correspondant aux images enregistrées.
Dans le cas d'un enregistrement analogique, c'est la même chose mais l'information est remplacée par un dispositif.
L'enregistrement numérique garantit l'intégrité des flux vidéo et des données associées relatives à la date, à l'heure et à l'emplacement de la caméra.
i.e; pas de modification du flux vidéo lors de l'enregistrement. Attention, une incrustation d'horodatage peut être interprétée comme un masquage...
Les flux vidéo stockés issus des caméras qui, compte tenu de leur positionnement et de leur orientation, fonctionnent principalement en plan étroit, à l'exclusion de celles de régulation du trafic routier, ont un format d'image supérieur ou égal à 704x576 pixels. Ce format pourra être inférieur si le système permet l'extraction de vignettes de visage d'une résolution minimum de 90x60 pixels.
Le format 704x576 ou 4SIF est la plus haute résolution disponible sur les encodeurs de vidéosurveillance à ce jour. Seule la HD, passant à 1080 pixels permettra des images de résolution supérieure.
Les autres flux vidéo stockés ont un format d'image supérieur ou égal à 352x288 pixels.
Résolution SIF.
Une fréquence minimale de douze images par seconde est requise pour l'enregistrement des flux vidéo issus de caméras installées pour une des finalités mentionnées au II de l'article 10 de la loi du 21 janvier 1995 susvisée, à l'exclusion de celles de régulation du trafic routier, et qui, compte tenu de leur positionnement et de leur orientation, fonctionnent principalement en plan étroit et filment principalement des flux d'individus en déplacement rapide.
Pour l'enregistrement des autres flux vidéo, une fréquence minimale de six images par seconde est requise.
Le système de stockage utilisé est associé à un journal qui conserve la trace de l'ensemble des actions effectuées sur les flux vidéo.
Pour les systèmes numériques, ce journal est généré automatiquement sous forme électronique.
Article 3
Les flux vidéo sont exportés sans dégradation de la qualité :
La vidéo exportée ne subit pas d'altération.
Pour les systèmes de vidéosurveillance utilisant la technologie analogique, un dispositif détermine la liste des flux exportés indiquant la date et l'heure des images filmées, leur durée, l'identifiant des caméras concernées, la date et l'heure de l'exportation, l'identité de la personne ayant réalisé l'exportation.
Pour les systèmes de vidéosurveillance utilisant la technologie numérique, un journal électronique des exportations, comportant les informations citées à l'alinéa précédent, est généré automatiquement.
Le système d'enregistrement reste en fonctionnement lors de ces opérations d'exportation.
Le support physique d'exportation est un support numérique non réinscriptible et à accès direct, compatible avec le volume de données à exporter. Dans le cas de volumes importants de données à exporter, des disques durs utilisant une connectique standard pourront être utilisés. Pour les systèmes numériques de vidéosurveillance, un logiciel permettant l'exploitation des images est fourni sur support numérique, disjoint du support des données.
La relecture des données exportées est effectuée par un logiciel player indépendant de la vidéo.
Le logiciel permet :
1° La lecture des flux vidéo sans dégradation de la qualité de l'image ;
2° La lecture des flux vidéo en accéléré, en arrière, au ralenti ;
3° La lecture image par image des flux vidéo, l'arrêt sur une image, la sauvegarde d'une image et d'une séquence, dans un format standard sans perte d'information ;
4° L'affichage sur l'écran de l'identifiant de la caméra, de la date et de l'heure de l'enregistrement ;
5° La recherche par caméra, date et heure.
Il est important de noter qu'à ce point de l'arrêté, il y a une totale confusion entre la consultation de la vidéo exportée et la consultation de la vidéo enregistrée. Les logiciels permettant le visionnage de la vidéo dans les deux cas sont totalement distincts. Dans le cas du visionnage de la vidéo enregistrée, les fonctions importantes sont les fonctions de recherche et d'affichage multi-caméras. Par contre, le visionnage de la vidéo exportée ne requiert rien de plus qu'un "player" évolué permettant l'arrêt sur image, la lecture arriêre et la validation de l'authenticité de la séquence.
Article 4
Le directeur général de la police nationale et le directeur général de la gendarmerie nationale sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 26 septembre 2006.
Nicolas Sarkozy
samedi 2 décembre 2006
Transports collectifs individualisés
Par opposition, l'utilisation de la voiture, moyen individuel de transport permet d'échapper à la rencontre indésirée avec la foule en s'isolant mais atteint les limites de sa viabilité par le nombre d'individualités en circulation et la pollution qu'elle génère.
De nouvelles solutions, basées sur la technologie informatique et les systèmes de radio navigation pourraient constituer une alternative valable ces deux solutions, pour la circulation urbaine.
On imagine facilement l'utilisation d'une flotte exclusive de véhicules individuels ou familliaux géolocalisés et guidés par une informatique centrale. Ces véhicules seraient à la disposition du public pour les amener automatiquement d'un point à un autre de la ville.
L'utilisation d'un système de transports publics massivement distribué mais organisé par une intelligence centrale a de nombreux avantages :
- Minimisation des attentes et des temps de transport.
- Déplacements "porte à porte"
- Optimisation de la circulation
- Sécurité
- Qualité du transport
En contrepartie, les habitants de la ville devraient renoncer à utiliser leurs véhicules personnels qui pourraient être laissés dans de vastes parkings périphériques à la ville.
La difficulté principale réside dans la mixité des espaces de mouvement o๠se croisent les piétons et les véhicules et dans la prévention des collisions entre véhicules. Cette difficulté peut être résolue par le recours à des radars et à la vision artificielle en complément de systèmes de guidage au sol. Quelque soit la solution retenue, elle sera plus fiable que le libre arbitre des conducteurs irrespectueux des piétons, avec ou sans mauvaise volonté.
L'utilisation des véhicules collectifs individualisés est la solution ultime à l'automatisation du trafic dans les grandes zones urbaines. Elle ne remet pas en question la création d'une gamme de confort et de services professionnels. On en trouve un exemple dans le film futuriste "Total recall".
lundi 1 mai 2006
La tragédie du Président
A travers la tragédie du Président c'est la tragédie du pouvoir qui se dessine, nous obligeant par la précision et la qualité de la narration.
On ne peut pas ne pas admirer le Président Chirac dans sa qualité d'"homo Politicus" dépassant ses convictions pour devenir le reflet de ses électeurs, déchiré comme eux entre la pensée socialiste et le monde déjà dépassé du Capitalisme.
On ressort de ce livre en ne doutant plus que la politique est l'art de décider de faire la seule chose qui puisse être faite dans le contexte o๠on l'a faite.
Merci Monsieur Giesbert, vous êtes le Hubert Reeves des constellations politiques, on comprend mieux grà¢ce à vous la physique de nos gouvernants.
C'est avec des livres comme celui là que nous bà¢tirons un monde neuf.